Muret de pierres sèches

Muret de pierres sèches
 
 
Rôle écologique

Le muret de pierres sèches est un aménagement aussi bien favorable aux reptiles qu'aux amphibiens bien que ces derniers semblent y être moins souvent rencontrés.
Cet aménagement, largement importé à l'époque gallo-romaine par les romains, a grandement favorisé les reptiles car il constitue pour de nombreuses espèces un corridor biologique, un refuge et parfois même un lieu de vie permanent et de reproduction. 
Les amphibiens utilisent généralement le muret uniquement comme un gîte ou un refuge temporaire (bien que certaines espèces comme le Crapaud commun puissent y vivre toute l'année). Ce milieu sec n'est évidement pas un lieu de reproduction pour les amphibiens.
 
Le muret de pierres sèches constitue un lieu de thermorégulation privilégié de par sa consistance (pierres qui captent la chaleur) et la possibilité immédiate de se réfugier dans ses enfractuosités en cas de danger.
C'est également un site permettant aux reptiles et aux amphibiens de passer l'hiver à l'abri des intempéries et du froid. 
 
En dehors de l'herpétofaune, le muret de pierres sèches est utilisé par de nombreux insectes (guêpes, coléoptères...), gastéropodes (escargots, limaces...), mammifères (chiroptères, rongeurs, Hérisson commun...) et oiseaux (Troglodyte mignon, Mésange charbonnière...).
 
 
Utilisations par l'herpétofaune

Cette liste d'espèce est représentative des cas les plus fréquents mais des utilisations différentes peuvent être observées.
 
  • Espèces permanentes (utilisent le muret de manière permanente et s'y reproduisent)

    Coronella austriaca
    Coronella girondica

    Podarcis muralis 
    Tarentola mauritanica 
    Vipera aspis 
     
  • Espèces fidèles (utilisent le même muret chaque année, mais ne s'y reproduisent pas forcement)

    Alytes obstetricans
    Bufo bufo

    Hierophis viridiflavus
    Natrix natrix
    Salamandra salamandra

    Timon lepidus
     
  • Espèces occasionelles (pour elles, le muret fait office d'abri d'un(e) jour/nuit ou de corridor écologique)

    Anguis fragilis
    Lissotriton helveticus

    Natrix maura
    Pelodytes punctatus 
    Rana dalmatina
    Rana temporaria 

Conception du muret de pierres sèches

Un muret de pierres sèches, quelque soit sa longueur, doit avoir une largeur supérieure à 2 mètres afin de constituer un aménagement réelement utile à l'herpétofaune.
Les pierres à utiliser doivent être rectangulaires et plates, d'une longueur allant de 5 à 25 centimètres pour une hauteur de 3 à 15 centimètres. Des pierres trop petites ne laissent pas assez d'espaces à la faune, et des pierres trop grandes créent des espaces trop grands, ne constituant pas de ce fait un abri efficace contre les prédateurs et les intempéries. 
 
  • Poser des pierres plates, plus grosses que les autres pour constituer un support est important. Ces pierres doivent être enterrées dans le sol (sur 20 centimètres environ).
     
  • Poser les autres pierres, plus petites et de forme rectangulaire, par dessus et monter le muret sur un mètre de hauteur maximum (afin d'obtenir un résultat stable). Il est important de créer des espaces (de 5 centimètres environ) entre les pierres (toutes le 2 ou 3 pierres) afin de permettre à la faune d'y pénetrer.
    Ces espaces doivent être plus importants au niveau du sol pour les animaux de plus grande taille (Crapaud commun, Hérisson commun, Tortue d'Hermann, etc...).
     
  • Terminer le muret en y posant de pierres plus plates et moins hautes, ces pierres sont très appréciées par les lézards (en particulier les Gekkota) et les serpents.
     

Muret de pierres sèches Couleuvre à échelons le long d'un muret de pierres sèches (Parc National de Port-Cros)


 

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